Calcium et vitamine K2 : pourquoi cite-t-on la K2
Rédaction Futures Nutrition · 12 août 2026

Calcium et vitamine K2 : pourquoi cite-t-on la K2
La réponse courte : dans l'UE, il n'existe aucune allégation autorisée pour la vitamine K qui se rapporte au calcium. La phrase selon laquelle la K2 dirigerait le calcium « vers les os plutôt que vers les artères » décrit une hypothèse issue de la recherche fondamentale — l'EFSA l'a examinée en 2012 et l'a jugée insuffisamment étayée. Ce qui est acquis est plus modeste : le calcium et la vitamine K contribuent tous deux au maintien d'une ossature normale, chacun de son côté.
Pour la décision d'achat, cela change quelque chose. Qui tient un complément de calcium en main n'a pas besoin de chercher en plus de la K2 pour que le calcium « arrive au bon endroit ». Le nutriment qui porte réellement une allégation autorisée dans ce contexte, c'est la vitamine D. La K2 est un sujet à part entière, avec ses propres chiffres — et un point qui compte vraiment mais qui est rarement cité : l'interaction avec les anticoagulants.
D'où vient cette phrase
La vitamine K est le cofacteur d'une enzyme, la gamma-glutamyl-carboxylase. Celle-ci ajoute à certaines protéines un groupe carboxyle supplémentaire et ne les rend fonctionnelles que par ce biais. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) décrit trois processus auxquels participent ces protéines dépendantes de la vitamine K : la coagulation sanguine, le métabolisme osseux et la biologie vasculaire.
Deux d'entre eux sont à l'origine de la formulation populaire. L'ostéocalcine se trouve dans l'os et le cartilage et participe à la construction et à la régulation de la matrice osseuse. La protéine Gla de la matrice est elle aussi carboxylée par la vitamine K et fixe le calcium dans le tissu vasculaire. Le BfR résume ainsi le lien supposé : la vitamine D augmente le taux de calcium sérique, notamment par une absorption intestinale accrue, et la vitamine K favorise le passage du calcium du sérum vers les os.
C'est la description d'un mécanisme — non une affirmation sur ce que fait un comprimé. C'est exactement là que texte publicitaire et données disponibles se séparent.
Ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas
Les affirmations admises sur les nutriments sont fixées par le règlement (UE) n° 432/2012. Chaque allégation est liée à une quantité minimale : un complément alimentaire ne peut mettre en avant un nutriment que s'il en apporte au moins 15 pour cent de la valeur nutritionnelle de référence par dose journalière.
| Allégation | Condition par dose journalière | Statut |
|---|---|---|
| Le calcium est nécessaire au maintien d'une ossature et de dents normales | au moins 120 mg (15 % de 800 mg) | autorisée |
| La vitamine K contribue au maintien d'une ossature normale | au moins 11,25 µg (15 % de 75 µg) | autorisée |
| La vitamine K contribue à une coagulation sanguine normale | au moins 11,25 µg | autorisée |
| La vitamine D contribue à l'absorption et à l'utilisation normales du calcium | au moins 0,75 µg (15 % de 5 µg) | autorisée |
| Vitamine K2 et fonctionnement normal du cœur et des vaisseaux sanguins | — | non autorisée |
La dernière ligne est le cœur de cet article. La demande a été déposée sous l'identifiant ID 125 et examinée deux fois, la dernière dans un avis dédié (EFSA Journal 2012;10(6):2714). Le résultat : aucun lien de cause à effet n'est établi entre l'apport de vitamine K2 et le fonctionnement normal du cœur et des vaisseaux sanguins. Dans son appréciation, le groupe scientifique a cité quatre points — il manquait des études d'intervention chez l'homme, les données transversales sur la calcification artérielle chez les femmes se contredisaient, les études de cohorte prospectives sur le risque de maladie coronarienne aboutissaient à des résultats opposés, et les éléments en faveur du mécanisme proposé étaient faibles.
Onze ans plus tard, le BfR arrive au même point et le formule sans ambiguïté dans le sous-titre de son avis 065/2023 : un bénéfice de la combinaison de préparations de vitamine D fortement dosées avec de la vitamine K n'est pas établi. Dans quelle mesure l'interaction des deux vitamines a un effet positif sur la santé reste actuellement incertain ; les données ne suffisent pas pour une évaluation fiable.
On remarque que l'allégation osseuse autorisée pour la vitamine K et l'allégation vasculaire rejetée sont souvent vendues d'un même souffle. La différence est pourtant exactement celle entre une affirmation vérifiée et une affirmation non vérifiée.
Le duo qui va vraiment ensemble
S'il est un nutriment qui, à côté du calcium, porte une allégation propre se rapportant au calcium, c'est la vitamine D. C'est pourquoi ces deux-là figurent dans un même comprimé, et non le calcium et la K2. Notre Calcium + Vitamine D3 4 000 U.I. contient par comprimé 200 mg de calcium — 25 pour cent de la valeur nutritionnelle de référence — et 100 µg de vitamine D3, mais pas de vitamine K.
Pourquoi les deux vont ensemble et quand l'un des deux suffit est expliqué en détail dans Calcium et vitamine D : pourquoi ils vont ensemble. Qui prend en plus une préparation avec K2 devrait d'abord additionner les quantités de vitamine D des deux produits avant de regarder la quantité de K2 — nous y revenons plus bas.

Quelle quantité de K2 arrive réellement au quotidien
La vitamine K existe en deux familles : la K1 (phylloquinone), issue des légumes à feuilles vertes et des huiles végétales, et la K2 (ménaquinones), issue d'aliments fermentés et animaux — fromages affinés, fromage blanc, viande et surtout le natto, le plat japonais de soja fermenté de la photo d'ouverture. Les compléments contiennent presque toujours de la MK-7, une ménaquinone à longue chaîne dont la demi-vie est d'environ trois jours, contre une à deux heures pour la K1.
Les données allemandes d'apport sont instructives, car elles corrigent d'un coup deux idées répandues :
| Enquête | Groupe | Apport médian |
|---|---|---|
| Cohorte EPIC Heidelberg | hommes 40–65 ans, vitamine K1 | 93,6 µg/jour |
| Cohorte EPIC Heidelberg | hommes 40–65 ans, vitamine K2 totale | 34,7 µg/jour |
| Cohorte EPIC Heidelberg | hommes 40–65 ans, dont MK-7 | 0,8 µg/jour |
| Étude bavaroise de consommation alimentaire II | hommes, vitamine K2 | 37,6 µg/jour |
| Étude bavaroise de consommation alimentaire II | femmes, vitamine K2 | 29,8 µg/jour |
Premièrement : la vitamine K2 ne manque pas dans l'alimentation allemande, elle apparaît dans des ordres de grandeur proches de la valeur estimée pour l'ensemble de la vitamine K. Deuxièmement : c'est justement la MK-7, la forme du complément, qui est quasiment absente de l'alimentation — 0,8 µg en médiane. Qui prend un comprimé de 200 µg de MK-7 n'apporte donc pas ce qu'il mange de toute façon chaque jour, mais deux cents fois cette quantité. Ce n'est pas un argument contre, mais une raison de regarder ce chiffre sciemment plutôt que de le survoler.

Pour situer ces chiffres, le BfR souligne expressément que les estimations allemandes d'apport sont incertaines : les données sur la teneur en vitamine K de la base alimentaire allemande sont de faible qualité, et l'étude nationale de consommation alimentaire II ne relève pas du tout la vitamine K.
Les chiffres sur l'étiquette
| Référence | Vitamine K | Calcium |
|---|---|---|
| Valeur nutritionnelle de référence (étiquette, règlement (UE) n° 1169/2011) | 75 µg | 800 mg |
| Valeur estimée D-A-CH, adultes | 60–80 µg | 1 000 mg (DGE) |
| Apport adéquat EFSA (2017) | 1 µg par kg de poids corporel | — |
| Limite supérieure de sécurité | aucune établie | 2 500 mg |
| Proposition du BfR par dose journalière de complément | 80 µg K1 ou 25 µg K2 | 500 mg |
L'avant-dernière ligne mérite un regard : pour la vitamine K, le comité scientifique de l'alimentation humaine de l'UE n'a établi aucune limite supérieure, faute de données suffisantes. Les études disponibles plaident pour une faible toxicité aiguë et chronique de la vitamine K prise par voie orale.
La proposition du BfR de 25 µg de K2 a donc une autre raison qu'un risque d'intoxication — elle découle entièrement de l'interaction avec les anticoagulants (voir la section suivante). C'est une proposition, non une valeur limite en vigueur ; des préparations courantes comme Vitamine D3 4 000 U.I. + K2 avec 200 µg se situent au-dessus. Sur la sécurité de ces quantités chez les personnes en bonne santé, le BfR cite lui-même des études dans lesquelles la MK-7 a été administrée jusqu'à 180 µg par jour pendant trois ans et jusqu'à 360 µg pendant douze semaines sans effets indésirables observés. Quelle quantité de K2 va avec quel dosage de D3, Vitamine D3 et K2 : y a-t-il un bon rapport ? le calcule en détail ; d'autres préparations figurent dans la catégorie vitamine K2.
Le point qui compte vraiment : les anticoagulants
La vitamine K atténue l'effet des anticoagulants oraux de type coumarinique — les antagonistes de la vitamine K, qui agissent précisément sur cette voie métabolique. Le BfR chiffre cet effet à partir de deux études portant chacune sur douze volontaires en bonne santé, stabilisés à un INR de 2,0 puis supplémentés à doses croissantes : le seuil d'une baisse statistiquement décelable de l'INR se situait à 150 µg par jour pour la vitamine K1, contre 45 µg par jour pour la vitamine K2. La K2 est donc environ 3,5 fois plus active que la K1.
Pour la MK-7, le BfR va plus loin : chez les personnes traitées par antagonistes de la vitamine K, des doses inférieures à 10 µg de MK-7 par jour pourraient déjà entraîner des interactions indésirables. La recommandation qui en découle est claire — qui prend des anticoagulants n'utilise des compléments contenant de la vitamine K qu'après avis médical. Chez les personnes en bonne santé, aucune modification du profil de coagulation n'a été observée dans ces mêmes analyses. Le sujet est traité en détail dans Interactions de la vitamine K2 : médicaments.
Le calcium n'a rien à voir avec cette question. Elle tient uniquement à la K2 — ce qui montre une fois de plus que les deux nutriments ne forment pas un ensemble, mais représentent deux décisions distinctes.
Ce que cela signifie pour l'achat
| Situation de départ | Conséquence raisonnable |
|---|---|
| complément de calcium, rien d'autre | la K2 n'est pas une condition ; le lien autorisé avec le calcium, c'est la vitamine D qui le porte |
| calcium + D3 prévus, K2 envisagée | décision autonome sur la base de l'allégation osseuse, pas à cause du calcium |
| préparation D3+K2 déjà présente, ajout de calcium envisagé | additionner d'abord les quantités de vitamine D des deux produits, pas celles de K2 |
| anticoagulants de type coumarinique | préparations contenant de la K2 uniquement après avis médical |
| apport de calcium par l'alimentation mal connu | estimer d'abord, compléter ensuite — portions et taux d'absorption figurent dans les articles sur les aliments |
Comment répartir judicieusement une portion de calcium sur la journée et quels intervalles respecter avec d'autres minéraux, c'est expliqué dans Prendre du calcium : dose par prise et intervalles. Qui veut aborder la combinaison D3, K2 et calcium par l'autre bout la trouvera dans Vitamine K2 et calcium : la combinaison en bref.
Parmi les allégations autorisées pour ces nutriments figurent les suivantes : Le calcium est nécessaire au maintien d'une ossature et de dents normales. La vitamine K contribue au maintien d'une ossature normale. La vitamine K contribue à une coagulation sanguine normale. La vitamine D contribue à l'absorption et à l'utilisation normales du calcium. (règlement (UE) n° 432/2012). Les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain.
Questions fréquentes
Dois-je impérativement prendre de la K2 avec du calcium ? Non. Il n'existe aucune allégation autorisée reliant la vitamine K à l'utilisation du calcium, et l'hypothèse vasculaire qui la sous-tend a été jugée insuffisamment étayée par l'EFSA. Le nutriment pour lequel le lien avec le calcium est autorisé, c'est la vitamine D.
Le calcium finit-il dans les artères sans K2 ? Formulée ainsi, l'affirmation n'est pas établie. Elle s'appuie sur le rôle de la protéine Gla de la matrice, donc sur un mécanisme. L'EFSA a expressément constaté en 2012 que les études d'intervention chez l'homme font défaut et que les données d'observation disponibles se contredisent.
Ma préparation D3+K2 contient 200 µg de MK-7, le BfR propose 25 µg. Est-ce un problème ? La valeur du BfR est une proposition de quantité maximale pour les compléments alimentaires et découle de l'interaction avec les anticoagulants, non d'une toxicité. Aucune limite supérieure n'a jamais été établie pour la vitamine K, faute de données, et dans les études citées par le BfR, 180 µg de MK-7 pendant trois ans n'ont produit aucun effet indésirable observé chez des adultes en bonne santé. Qui prend des anticoagulants clarifie la prise avec son médecin.
Est-ce que j'obtiens assez de K2 par l'alimentation ? La vitamine K2 totale se situe, dans les enquêtes allemandes, autour de 30 à 38 µg par jour, principalement à partir du fromage et d'autres aliments fermentés. La MK-7 en particulier, en revanche, est presque absente — dans la cohorte EPIC Heidelberg, la médiane était de 0,8 µg par jour. Qui veut apporter de la MK-7 par l'alimentation finit pratiquement par le natto.
Sources : règlement (UE) n° 432/2012 (liste des allégations de santé autorisées, texte officiel) ; règlement (CE) n° 1924/2006, annexe (15 % de la valeur nutritionnelle de référence par dose journalière comme condition) ; règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIII (valeurs nutritionnelles de référence : vitamine K 75 µg, calcium 800 mg, vitamine D 5 µg) ; EFSA NDA Panel, « Scientific Opinion on the substantiation of a health claim related to vitamin K2 and contribution to the normal function of the heart and blood vessels (ID 125, further assessment) », EFSA Journal 2012;10(6):2714 (aucun lien de cause à effet établi ; absence d'études d'intervention, données transversales et de cohorte contradictoires, éléments faibles sur le mécanisme) ; Bundesinstitut für Risikobewertung, « Höchstmengenvorschläge für Vitamin K in Lebensmitteln inklusive Nahrungsergänzungsmitteln » (80 µg K1 ou 25 µg K2 par dose journalière recommandée, aucune limite supérieure établie, mise en garde pour les personnes sous anticoagulants, seuils INR de 150 µg K1 d'après Schurgers et al. 2004 et 45 µg K2 d'après Theuwissen et al. 2013) ; avis du BfR n° 065/2023 du 7 décembre 2023, « Hochdosierte Nahrungsergänzungsmittel mit Vitamin D können langfristig die Gesundheit beeinträchtigen » (bénéfice de la combinaison avec la vitamine K non établi ; protéines dépendantes de la vitamine K, ostéocalcine et protéine Gla de la matrice ; demi-vies de la MK-7 par rapport à la K1 ; MK-7 sous 10 µg/jour en cas de traitement coumarinique ; données d'apport de la cohorte EPIC Heidelberg d'après Nimptsch et al. 2008 et de l'étude bavaroise de consommation alimentaire II d'après Nimptsch et al. 2009 ; données de sécurité d'après Marles et al. 2017) ; avis du BfR n° 009/2021 (proposition de quantité maximale de calcium, 500 mg par dose journalière recommandée) ; Scientific Committee on Food (2003), confirmé par l'EFSA en 2012 (limite supérieure du calcium 2 500 mg/jour) ; EFSA NDA Panel (2017), Dietary Reference Values for vitamin K ; valeurs de référence D-A-CH (2015), valeurs estimées pour la vitamine K ; Deutsche Gesellschaft für Ernährung, valeurs de référence pour le calcium (1 000 mg pour les adultes) ; composition et dose recommandée selon l'étiquette des produits cités.


