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Chardon-Marie : tisane, teinture, gélule ou comprimé ?

Rédaction Futures Nutrition · 14 août 2026

Chardon-Marie : tisane, teinture, gélule ou comprimé ?

Chardon-Marie : tisane, teinture, gélule ou comprimé ?

Le chardon-Marie existe en sachet de tisane, en gouttes dans un flacon brun, en gélule et en comprimé. La réponse courte à la question de la forme à choisir : elle ne décide pas du goût, mais de la présence ou non d'une quantité sur l'emballage. La tisane et la teinture apportent une quantité de silymarine que personne ne chiffre — pour la tisane elle est en plus faible, parce que ce groupe de substances actives ne se dissout guère dans l'eau. La gélule et le comprimé contiennent en revanche un extrait sec standardisé avec un nombre de milligrammes déclaré. Et entre la gélule et le comprimé eux-mêmes, la différence est plus petite que la plupart ne le supposent : ce qui est déterminant, ce n'est pas l'enveloppe, mais l'extrait qu'elle contient.

Quatre formes, trois préparations

Dans sa monographie européenne sur les fruits de chardon-Marie (EMA/HMPC/294187/2013, version du 5 juin 2018), l'Agence européenne des médicaments a listé quelles préparations issues du fruit sont effectivement sur le marché — et avec quelles quantités. Ce tableau est la vue d'ensemble la plus utile qui existe sur le sujet, parce que préparation et dose y figurent côte à côte :

FormeCe qu'elle contientIndication sur l'emballageDose selon la monographie EMA
Tisanefruit entier fragmentégrammes de plante, pas de silymarine3–5 g pour 100 ml d'eau bouillante, 2–3× par jour avant les repas
Poudre en gélulesfruit entier moulumg de poudre300–600 mg par prise, jusqu'à 1 800 mg par jour
Teinture, extrait liquideextrait éthanoliqueml ou gouttesextrait mou 10–17:1 (éthanol 60 %) : 392 mg deux fois par jour
Gélule ou compriméextrait sec, standardisémg d'extrait et mg de silymarineselon l'extrait 70–250 mg par prise

Une ligne saute aux yeux : le passage de 1 800 mg de poudre à 70 mg d'extrait ressemble à une contradiction, mais c'est justement là qu'est le point. Dans l'extrait sec, selon le solvant, 20 à 70 kilogrammes de fruit sont concentrés en un kilogramme d'extrait ; le petit chiffre représente plus de plante, pas moins. Comment le rapport d'extraction et l'indication de teneur se rapportent l'un à l'autre est expliqué en détail dans Chardon-Marie 20:1 ou 80 %.

Tisane : ce qui passe du fruit dans l'eau

Une boule à thé métallique ouverte avec des morceaux de plante sur du bois clair

Faisons le calcul pour la tasse de tisane. La Pharmacopée européenne exige pour les fruits de chardon-Marie une teneur d'au moins 1,5 % de silymarine, calculée en silibinine (Ph. Eur. 01/2014:1860). Dans 3 à 5 grammes de fruit fragmenté — la portion journalière de la monographie — il y a donc au moins 45 à 75 mg de silymarine. Cela ressemble à un ordre de grandeur exploitable.

Sauf que la plus grande partie reste dans le fruit. Le rapport d'évaluation de l'EMA (EMA/HMPC/294188/2013) en donne la raison en une seule phrase : l'extrait de chardon-Marie est insoluble dans l'eau. Pour la silibinine isolée, l'ordre de grandeur a été mesuré : environ 41 µg par millilitre d'eau (Duan et coll., Acta Pharmacologica Sinica 2011, vol. 32, p. 108–115, PubMed 21170082). Même si une tasse de 100 ml allait jusqu'à saturation, cela ferait un bon 4 mg — une limite supérieure sur le papier, pas une mesure sur une infusion réelle, mais elle montre la dimension. À cela s'ajoute que le fruit est composé de 20 à 30 % d'huile grasse : les flavonolignanes se trouvent dans une matrice grasse dont l'eau chaude ne les extrait que mal.

Il n'en découle pas que la tisane de chardon-Marie soit inutile — elle a même sa propre utilisation dans la monographie. Celle-ci indique, pour les médicaments à base de plantes d'usage traditionnel enregistrés : pour l'amélioration symptomatique des troubles digestifs, de la sensation de satiété et des ballonnements, ainsi que pour le soutien de la fonction hépatique, après qu'un médecin a exclu des maladies graves. Ce qu'une tisane n'est pas : un moyen d'absorber une quantité déterminée de silymarine. Qui prépare le fruit en tisane devrait le concasser juste avant l'infusion — les fruits entiers cèdent encore moins — et le laisser infuser à couvert. Qu'il s'agisse du fruit et non de la graine n'est d'ailleurs pas une querelle de mots, mais figure ainsi dans la pharmacopée.

Teinture et extraits liquides

Trois flacons compte-gouttes bruns de tailles différentes avec pipettes

L'alcool dissout les flavonolignanes nettement mieux que l'eau. C'est précisément pour cela que tout extrait standardisé est fabriqué avec un solvant organique : pour l'extrait sec raffiné et standardisé de chardon-Marie (Ph. Eur. 01/2019:2071), la pharmacopée autorise l'acétate d'éthyle, l'acétone, l'éthanol ou le méthanol, chacun également en mélange avec de l'eau — l'eau seule ne figure pas sur la liste. Une teinture est donc chimiquement un meilleur extrait qu'une tisane.

Son problème est ailleurs : elle n'est en règle générale pas standardisée. Les dosages qui circulent pour les teintures proviennent de la monographie de la Commission E de 1986 et y sont indiqués en gouttes — 15 à 25 gouttes quatre à cinq fois par jour, ou 1 à 2 ml trois fois par jour. Un nombre de gouttes n'est pas une indication de quantité : la taille de la goutte dépend de la pipette, de la viscosité et de la température, et la quantité de silymarine par millilitre ne figure habituellement pas sur un complément alimentaire de forme liquide. Une teinture ne peut donc tout simplement pas être comparée à une gélule.

L'EMA mentionne exactement une préparation liquide avec un chiffre clair : un extrait mou au rapport 10–17:1 avec de l'éthanol à 60 %, 392 mg deux fois par jour. S'y ajoute une indication pratique que la monographie exige expressément : pour les teintures et extraits contenant de l'éthanol, la teneur en alcool doit être étiquetée. Qui évite l'alcool dispose ainsi d'un critère d'exclusion qui n'a rien à voir avec la silymarine.

Gélule ou comprimé : la différence la plus petite

On choisit entre ces deux formes moins souvent qu'on ne le croit — de toute façon, c'est le plus souvent le même extrait sec qui s'y trouve. Les différences sont dans la fabrication : une gélule est une enveloppe de gélatine ou de cellulose dans laquelle la poudre d'extrait est versée. Un comprimé naît par compression, ce qui nécessite des agents de charge, des liants et des agents de démoulage.

CritèreGéluleComprimé
Additifspeu, mais l'enveloppeagent de charge, antiagglomérant, éventuellement enrobage
Véganseulement avec une enveloppe de cellulose, pas avec de la gélatineen règle générale oui
Sécablenonseulement avec une barre de sécabilité
Taille à quantité égalesouvent plus grandesouvent plus compacte
Teneur en silymarinedépend de l'extraitdépend de l'extrait

La dernière ligne est la ligne importante. Que la portion journalière contienne 100 ou 200 mg de silymarine n'a rien à voir avec la gélule ou le comprimé, mais avec l'extrait et sa standardisation. Ce à quoi il faut faire attention sur l'étiquette — quelle partie de la plante, quelle méthode d'analyse, quelle déclaration — est une question à part entière.

Un cas particulier est la gélule au fruit moulu au lieu de l'extrait. Elle ressemble à une préparation d'extrait, mais c'est la ligne « poudre » du tableau ci-dessus : à au moins 1,5 % de silymarine dans la poudre, 600 mg apportent environ 9 mg de silymarine. La différence avec une gélule d'extrait est donc à peu près d'un facteur dix — et sur l'étiquette elle ne se reconnaît qu'en prêtant attention au mot « extrait » et à une indication de silymarine.

Pourquoi médicament et complément alimentaire ne se ressemblent pas

Tous les dosages cités jusqu'ici viennent du droit du médicament. Ils valent pour les médicaments à base de plantes d'usage traditionnel enregistrés et pour les préparations d'usage médical bien établi — pas pour les compléments alimentaires. Un complément alimentaire est juridiquement une denrée alimentaire ; il ne peut pas nommer d'indications, et pour le chardon-Marie il n'existe pas non plus d'allégation de santé autorisée dans l'UE, parce que les demandes portant sur les substances végétales sont suspendues depuis des années. La même plante, deux cadres juridiques.

Concrètement, cela signifie : les chiffres de l'EMA sont une référence pour situer des ordres de grandeur, pas une prescription. Les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain.

Ce qui vaut également pour toutes les formes figure dans la monographie sous les mises en garde : l'hypersensibilité aux astéracées (Asteraceae) est une contre-indication ; pour les enfants et adolescents de moins de 18 ans ainsi que pour la grossesse et l'allaitement, les données sont insuffisantes. Sont mentionnés comme effets indésirables des troubles gastro-intestinaux légers, des maux de tête et des réactions allergiques, chacun avec une fréquence inconnue.

Quelle forme pour quelle question

  • « Je veux une quantité déterminée de silymarine par jour. » Extrait sec en gélule ou en comprimé, avec une indication de silymarine par portion journalière. Tout le reste ne peut pas être recalculé.
  • « J'aime une boisson chaude au repas. » La tisane. Elle a son propre usage traditionnel — mais il ne faut pas s'attendre à atteindre ainsi la quantité d'une gélule d'extrait.
  • « Je ne peux pas avaler de comprimés. » Extrait liquide ou teinture, en sachant que la quantité reste indéterminée et que de l'alcool peut être présent.
  • « Je fais attention aux additifs. » Comparer la liste des ingrédients, pas la forme : une gélule avec quatre excipients n'est pas un choix plus propre qu'un comprimé avec trois.

Ce que contient notre propre préparation

Chardon-Marie silymarine plus inuline – 120 comprimés

Chardon-Marie (silymarine) + inuline est la ligne « comprimé » du tableau : un extrait de graines de chardon-Marie au rapport 20:1 avec 80 % de silymarine, d'où 100 mg de silymarine par comprimé, plus 100 mg d'inuline de racine de chicorée. Un comprimé par jour après un repas est recommandé ; pourquoi les recommandations divergent sur le moment de la prise est expliqué dans Chardon-Marie : quand, combien de temps, gras ?. Ce que la gamme propose par ailleurs sur le sujet figure dans la catégorie foie.

Questions fréquentes

La tisane de chardon-Marie est-elle sans effet ? Non — elle a dans la monographie européenne son propre usage traditionnel en cas de troubles digestifs, et celui-ci repose sur des siècles d'utilisation, pas sur une teneur en silymarine. Ce que la tisane n'apporte pas, c'est un apport chiffrable de silymarine : le groupe de substances actives est pratiquement insoluble dans l'eau, et c'est pourquoi aucune indication en mg ne figure sur le paquet de tisane.

Pourquoi les quantités journalières de poudre et d'extrait sont-elles si différentes ? Parce que l'une est du fruit moulu et l'autre un concentré. À au moins 1,5 % de silymarine, 1 800 mg de poudre contiennent un bon 27 mg ; un comprimé d'extrait en loge trois à huit fois autant dans un seul comprimé. Qui met les deux chiffres côte à côte sans la mention « extrait » compare deux choses différentes.

Les gélules sont-elles mieux tolérées que les comprimés ? Il n'y a pas d'éléments solides en ce sens pour le chardon-Marie. Les troubles mentionnés dans la monographie — nausées, irritation gastrique, selles molles — sont indiqués de la même manière pour toutes les préparations et ne sont pas attribués à une forme galénique. Qui réagit de façon sensible avance généralement davantage avec le moment de la prise qu'avec un changement d'enveloppe.

Comment reconnaître sur l'étiquette la forme que j'ai devant moi ? À deux mots et un chiffre. S'il y est écrit « extrait » avec un rapport tel que 20:1 et derrière une quantité de silymarine par portion journalière, c'est une préparation d'extrait. S'il n'y a que « fruits de chardon-Marie, moulus » ou une valeur en grammes sans indication de silymarine, c'est de la poudre ou de la plante pour tisane — les deux sont légitimes, mais c'est un autre ordre de grandeur.

Sources : Agence européenne des médicaments, European Union herbal monograph on Silybum marianum (L.) Gaertn., fructus, EMA/HMPC/294187/2013 (5 juin 2018) · Assessment report, EMA/HMPC/294188/2013 (préparations, Commission E 1986, solubilité) · Pharmacopée européenne, monographies 01/2014:1860 (fruits de chardon-Marie, au moins 1,5 % de silymarine) et 01/2019:2071 (extrait sec de chardon-Marie, raffiné et standardisé, 30–65 % de silymarine) · Duan et coll., Acta Pharmacol Sin 2011;32(1):108–115.