Qualité du chardon-Marie : à quoi la reconnaître
Rédaction Futures Nutrition · 14 août 2026

Qualité du chardon-Marie : à quoi la reconnaître
La qualité d'une préparation de chardon-Marie ne se voit pas — une poudre de partie aérienne broyée ressemble, dans une gélule, à un extrait de fruits haut de gamme. Ce qui se vérifie, ce sont quatre mentions sur la boîte : quelle partie de la plante a été transformée, comment l'extrait est décrit (rapport et solvant), combien de silymarine par portion journalière s'y trouve et si le fabricant peut présenter une analyse de lot. Si l'un de ces points manque, ce n'est pas seulement un chiffre qui manque, c'est la possibilité même de comparer le produit à un autre.
Que la question ne soit pas théorique pour le chardon-Marie, plus d'une étude de marché l'a montré. Commençons par là.
Ce qu'ont trouvé les études de marché
Une équipe autour de Débora Frommenwiler a examiné en 2022, dans Frontiers in Pharmacology (13:925298), 31 produits à base de chardon-Marie du marché britannique — comprimés, gélules, teintures et extraits liquides, achetés sur Internet, en magasin et en pharmacie. L'analyse a été faite par chromatographie sur couche mince haute performance (HPTLC), selon la méthode que la Pharmacopée européenne prévoit pour le fruit de chardon-Marie.
| Catégorie réglementaire | Examinés | Empreinte sans particularité | Anormaux |
|---|---|---|---|
| Médicament traditionnel à base de plantes | 10 | 10 | 0 |
| Complément alimentaire | 21 | 10 | 11 (52,4 %) |
Les onze échantillons anormaux se répartissaient ainsi : pour neuf d'entre eux, la zone du flavonoïde taxifoline manquait, celle qu'exige l'essai d'identification de la monographie de la Pharmacopée — les zones de silymarine étaient là, le reste du profil du fruit non. Pour deux échantillons, toute zone caractéristique du fruit de chardon-Marie ou de son extrait faisait défaut ; les auteurs y voient la preuve que la plante n'était pas présente dans ces produits. Huit échantillons montraient en plus une zone de chlorophylle, typique des parties vertes de la plante, qui n'apparaît ni dans le fruit ni dans son extrait.
Une seconde étude, Fenclová et ses collègues en 2019 dans Scientific Reports (9:11118), a mesuré chimiquement 26 compléments alimentaires au chardon-Marie des marchés américain et tchèque. Résultat : la teneur mesurée en flavonolignanes s'écartait souvent de la déclaration — pour quatre préparations, elle se situait sous la moitié de la valeur de silymarine annoncée. Entre différents lots d'un même fabricant, la teneur variait jusqu'à 277 mg par dose journalière recommandée. Des mycotoxines, des résidus de pesticides et une charge microbiologique ont été trouvés dans toutes les préparations testées.
Les deux études portent sur d'autres marchés et ne se transposent pas telles quelles aux produits allemands. Ce à quoi elles servent, c'est à savoir sur quoi regarder au moment de comparer — et à cela, elles répondent très clairement.
La partie de plante : le fruit, pas la partie aérienne
La Pharmacopée européenne décrit comme matière première le fruit mûr débarrassé de son aigrette (pappus) de Silybum marianum, titrant au moins 1,5 % de silymarine, calculée en silibinine (Ph. Eur. 01/2014:1860). Pas les feuilles, pas la partie aérienne. La différence n'est pas un détail : les flavonolignanes se trouvent dans le fruit, tandis que la partie aérienne ne montre dans l'empreinte que deux zones vertes très faibles et, à la place, une forte bande de chlorophylle.
Sur les boîtes allemandes, on lit le plus souvent « graines de chardon-Marie » — botaniquement, ce sont des fruits, pas des graines. Pourquoi les désignations divergent est expliqué dans Chardon-Marie : plante, origine et usage. Ce qui compte ici, c'est seulement ceci : si la liste des ingrédients indique « partie aérienne de chardon-Marie », ou simplement « chardon-Marie » sans partie de plante, ce qui a été transformé reste ouvert.

Identité : ce que montre une chromatographie
L'essai d'identification selon la Pharmacopée est une chromatographie sur couche mince (Ph. Eur. 2.8.25). Un extrait de l'échantillon est déposé ; sur l'empreinte développée apparaissent, après révélation, quatre zones vertes, dont trois proviennent de la silybine, de la silydianine et de la silychristine, plus une zone orange due à la taxifoline. Le fruit broyé montre en plus une zone bleue, absente de l'extrait — c'est ainsi que l'on distingue la poudre de l'extrait.
Le procédé n'a rien de lourd. Les auteurs de l'étude britannique chiffrent le coût d'une telle analyse à environ 21 dollars américains par échantillon lorsqu'un seul échantillon passe sur une plaque ; avec plusieurs échantillons par plaque, le montant baisse nettement. Un fabricant qui ne contrôle pas l'identité de sa matière première n'économise donc pas grand-chose.
Ce qui doit figurer sur l'étiquette — et ce qui n'y est pas obligatoire
Le règlement allemand sur les compléments alimentaires (NemV) prescrit à son § 4 ce qui doit figurer sur la boîte : la dénomination « complément alimentaire », le nom des catégories de substances caractéristiques, la portion journalière recommandée, l'avertissement de ne pas dépasser cette quantité, la mention relative à une alimentation équilibrée ainsi que la consigne de conserver le produit hors de portée des jeunes enfants. À cela s'ajoute la quantité de substances actives par portion journalière indiquée — expressément comme valeur moyenne fondée sur l'analyse du produit par le fabricant.
Ce qui n'y est pas exigé constitue la liste la plus intéressante :
| Mention | Obligatoire ? | Ce qu'elle dit |
|---|---|---|
| Quantité de silymarine par portion journalière | oui (valeur moyenne issue de l'analyse du fabricant) | la seule valeur directement comparable |
| Partie de plante (fruit/partie aérienne) | non | si le matériel riche en flavonolignanes a bien été transformé |
| Rapport drogue-extrait | non | quelle quantité de matière première tient dans une part d'extrait |
| Solvant d'extraction | non | quel profil de substances est à attendre |
| Méthode de mesure (HPLC ou photométrique) | non | si deux valeurs en milligrammes sont comparables |
| Numéro de lot avec certificat d'analyse | non (traçabilité oui) | si le lot a été contrôlé |
La moitié inférieure de ce tableau est précisément ce qui distingue un produit du suivant — et précisément ce qui est facultatif. Un fabricant qui l'indique se rend comparable. Comment rapport d'extrait et pourcentage s'articulent, et pourquoi les valeurs déterminées par photométrie ressortent systématiquement plus élevées que celles mesurées par HPLC, est expliqué dans Chardon-Marie 20:1 ou 80 % : ce que dit l'étiquette.
Résidus : là où des limites existent et là où il n'y en a pas
Pour les compléments alimentaires s'appliquent les teneurs maximales du règlement (UE) 2023/915 relatif aux contaminants dans les denrées alimentaires. Pour les préparations végétales, ce sont surtout ces entrées qui comptent :
| Substance | Teneur maximale pour les compléments alimentaires | Référence |
|---|---|---|
| Plomb | 3,0 mg/kg | Annexe I, 3.1.28 |
| Cadmium | 1,0 mg/kg | Annexe I, 3.2.21.1 |
| Mercure | 0,10 mg/kg | Annexe I, 3.3.2 |
| Alcaloïdes pyrrolizidiniques (somme) | 400 µg/kg | Annexe I, 2.4.10 |
| Benzo(a)pyrène | 10,0 µg/kg | Annexe I, 5.1.16 |
| Somme de quatre HAP | 50,0 µg/kg | Annexe I, 5.1.16 |
La lacune saute aux yeux : pour les mycotoxines, le règlement ne comporte pas d'entrée propre aux compléments alimentaires contenant des préparations végétales. Les aflatoxines, l'ochratoxine A et les toxines de Fusarium sont réglementées pour les fruits à coque, les céréales, les fruits séchés et les épices séchées, pas pour les préparations botaniques — ce que souligne aussi l'équipe tchèque. C'est exactement dans cette lacune que se situent ses trouvailles.
L'ampleur réelle du problème apparaît dans une étude de l'autorité américaine des denrées alimentaires, la FDA (Tournas et al., Food Additives & Contaminants 2012 ; 29:994–999) : sur 83 échantillons de chardon-Marie du marché américain, des aflatoxines ont été détectées dans 19 % des cas, à des teneurs de 0,04 à 2,0 µg/kg. Ce sont des valeurs basses — elles se situent en dessous de ce qui serait admissible pour des graines oléagineuses destinées au consommateur final. Le constat est donc moins un signal d'alarme qu'une indication : la matière première a un sujet « moisissures ». Le fruit du chardon-Marie contient 20 à 30 % d'huile grasse, et la façon dont il est séché et stocké après la récolte contribue à décider de ce qui se retrouvera plus tard dans l'extrait.

Ce que devrait contenir un certificat d'analyse
Un certificat d'analyse (CoA) se rapporte à un lot précis et mentionne habituellement : l'identité de la matière première, la teneur en silymarine avec la méthode employée, les métaux lourds, les résidus de pesticides, la pureté microbiologique et — pour les extraits — les solvants résiduels. Ce dernier point a une portée concrète : pour l'extrait sec normalisé de chardon-Marie, la Pharmacopée (Ph. Eur. 01/2019:2071) admet l'acétate d'éthyle, l'acétone, l'éthanol et le méthanol, chacun également en mélange avec de l'eau. Lequel a été utilisé détermine quels résidus doivent être recherchés.
Un CoA n'est pas obligatoire, et aucun fabricant n'a à le fournir spontanément. La question reste malgré tout la plus parlante que l'on puisse poser — la réponse est, d'expérience, sans ambiguïté.
Notre propre préparation en exemple
Sur notre pot figurent les mentions dont il est question plus haut : un extrait de graines de chardon-Marie 20:1 à 80 % de silymarine, soit 100 mg de silymarine par comprimé, plus 100 mg d'inuline de racine de chicorée, un comprimé par jour après un repas.
Comment en tirer un prix par mois et à quoi deux pots deviennent comparables est expliqué dans le guide d'achat du chardon-Marie.
Partie de plante, rapport, teneur et milligrammes par portion journalière sont donc indiqués — ne le sont pas le solvant et la méthode de mesure, et la valeur de 80 % se situe au-dessus de la fourchette de 30 à 65 % de la Pharmacopée, ce qui correspond à une détermination photométrique. D'autres préparations relevant du même domaine se trouvent dans la catégorie foie.
Pour le chardon-Marie et la silymarine, il n'existe aucune allégation de santé autorisée au titre du règlement (CE) n° 1924/2006 ; les demandes portant sur les substances végétales sont en suspens depuis des années. Un produit au chardon-Marie décrit donc ce qu'il contient — et la qualité ne signifie ici rien d'autre que l'exactitude de cette description. Les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain.
Questions fréquentes
Comment savoir s'il y a bien du chardon-Marie dedans ? Pas à l'étiquette — c'était le propos de l'étude britannique, où deux compléments alimentaires sur 21 ne montraient aucune zone caractéristique du chardon-Marie. Ce que vous pouvez vérifier, c'est la densité des mentions : partie de plante, rapport, milligrammes de silymarine par portion journalière. Celui qui indique les trois les a mesurés.
Un médicament est-il automatiquement meilleur qu'un complément alimentaire ? Il est soumis à d'autres exigences. Dans l'étude citée, les dix produits autorisés comme médicaments traditionnels à base de plantes étaient tous sans particularité, contre un complément alimentaire sur deux. C'est une différence d'obligations de contrôle, pas un jugement sur des préparations individuelles — un complément alimentaire dont l'analytique est propre n'est pas moins bien placé.
Dois-je m'inquiéter des toxines de moisissures ? Les teneurs en aflatoxines mesurées dans l'étude de la FDA étaient basses. Ce qui inquiète davantage, c'est qu'il n'existe pas de teneur maximale propre aux compléments alimentaires végétaux — le contrôle n'a donc lieu que là où le fabricant le décide lui-même. C'est l'un des points sur lesquels un certificat d'analyse peut être demandé.
À quoi me sert le numéro de lot ? Il est le point de référence de toute analyse. Une valeur de teneur sans lot est une allégation publicitaire, une valeur de teneur avec lot est une mesure — et comme la teneur varie de façon mesurable entre les lots d'un même fabricant, la différence n'a rien d'académique.
Sources : Frommenwiler DA et al., Front Pharmacol 2022;13:925298 (étude HPTLC de 31 produits au chardon-Marie) · Fenclová M et al., Sci Rep 2019;9:11118 (26 préparations, teneur et contaminants) · Tournas VH et al., Food Addit Contam Part A 2012;29:994–999 (aflatoxines dans 83 échantillons) · Agence européenne des médicaments, rapport d'évaluation sur Silybum marianum (L.) Gaertn., fructus, EMA/HMPC/294188/2013 (avec les références à Ph. Eur. 01/2014:1860 et 01/2019:2071) · règlement (UE) 2023/915 concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires · règlement allemand sur les compléments alimentaires (NemV) § 4 · règlement (CE) n° 1924/2006.


